Le terme « cavage » trouve son origine dans le latin « cavare », qui signifie « creuser ». Historiquement, cette pratique désignait l’action de rechercher des truffes, champignons précieux enfouis sous terre, à l’aide d’animaux dotés d’un odorat exceptionnel. Depuis les années 1970, le cavage s’est structuré en France comme une discipline canine à part entière, mettant à l’honneur les chiens dits « truffiers ». Ces derniers, grâce à leur flair et leur dressage, sont capables de détecter les truffes avec une précision remarquable, remplaçant avantageusement les porcs autrefois utilisés pour cette tâche. Aujourd’hui, le cavage se décline en deux types principaux de compétitions : les concours sur carrés et les épreuves Van Cappel, chacune offrant un cadre spécifique pour évaluer les aptitudes des chiens et renforcer la complicité entre l’animal et son maître.
Les concours sur carrés : accessibles à tous les chiens
Le concours sur carrés est la forme la plus répandue et la plus accessible de la discipline. Il consiste, pour le chien, à localiser le plus rapidement possible six truffes (ou leurres odorants) enterrées à une profondeur maximale de 10 cm, dans une truffière artificielle de 25 m².
Deux niveaux de difficulté sont proposés : la classe A, destinée aux débutants, et la classe B, plus exigeante. L’un des atouts majeurs de cette épreuve est son ouverture à tous les chiens, qu’ils soient de race, croisés ou sans pédigrée, ce qui en fait une activité inclusive et populaire auprès des amateurs comme des professionnels. Chaque équipe maître-chien dispose d’un temps limité (généralement 8 minutes) pour accomplir sa mission, sous le regard attentif de juges qui évaluent la rapidité, la précision et la méthode de recherche du chien.
Pour participer, il est nécessaire de posséder une licence « Cavage » délivrée par la Société Centrale Canine (SCC) et d’être membre d’un club affilié. Les truffes sont placées la veille du concours, à une distance minimale les unes des autres, afin de garantir l’équité et le réalisme de l’épreuve. Les chiens doivent marquer l’emplacement de chaque truffe en grattant le sol, sans la manger ni endommager le terrain. Les pénalités peuvent être appliquées en cas de faux marquage ou de comportement inapproprié.

Les épreuves Van Cappel : un retour aux sources naturelles
Les épreuves Van Cappel, nommées en hommage à Jean-Pierre Van Cappel, pionnier de la trufficulture et organisateur de concours, se déroulent sur des truffières naturelles. Contrairement aux concours sur carrés, elles se tiennent sur des parcelles de 15 à 20 mètres de large et d’au moins 60 mètres de long, reproduisant ainsi les conditions réelles de la recherche de truffes. Le chien doit y trouver trois truffes dans un temps imparti, qui varie selon le nombre de participants et les caractéristiques du terrain. Ces épreuves sont réservées aux chiens inscrits au Livre des Origines Français (LOF) et se divisent en plusieurs catégories selon l’âge de l’animal : Débutant (6 à 9 mois), Jeune (9 à 18 mois), Ouverte (15 mois à 8 ans) et Vétérans (plus de 8 ans).
Ce format met davantage l’accent sur les qualités naturelles de recherche du chien, ainsi que sur sa capacité à s’adapter à un environnement complexe et variable. Les parcours sont souvent aménagés dans des bois truffiers, ce qui ajoute une dimension technique et écologique à la discipline. Les chiens sont notés sur leur méthode de travail, leur persévérance et leur collaboration avec leur maître, offrant ainsi un spectacle à la fois technique et authentique
Les races de chiens truffiers : des profils variés et adaptés
Si toutes les races de chiens peuvent, en théorie, être formées au cavage, certaines se distinguent par leurs aptitudes naturelles. Le Lagotto Romagnolo, originaire d’Italie, est considéré comme la race de référence grâce à son flair exceptionnel, son intelligence et son tempérament docile. D’autres races, comme l’Épagneul Breton, le Labrador, le Berger Allemand ou encore le Springer Spaniel, sont également très prisées pour leur endurance, leur obéissance et leur capacité à se concentrer sur la tâche. Le choix de la race dépend souvent des préférences du maître et des conditions de travail, mais l’essentiel reste la complicité et la motivation du chien.
La formation d’un chien truffier demande de la patience et de la régularité. Elle commence généralement par des exercices simples de recherche d’objets, avant de se spécialiser sur l’odeur de la truffe. Les clubs et écoles canines proposent des stages et des formations pour accompagner les maîtres dans cette aventure, qui peut durer de plusieurs mois à quelques années selon le niveau visé.















